Décrypter et accueillir ses émotions pour ne pas se laisser submerger

Des milliers d’émotions nous traversent chaque jour. Parfois, elles passent furtivement sans que l’on s’en rende compte, tandis que d’autres fois, elles s’installent et provoquent de grosses tempêtes. Les émotions influencent nos pensées et nos actions. Mais comment ça se passe dans notre corps ? Qu’est-ce qu’elles viennent nous dire ? Et, comment éviter qu’elles nous submergent ?

C’est ce que je vous propose de découvrir dans cet article.

Comment se manifestent les émotions ?

Dans notre quotidien, nous faisons constamment face à des contextes, des situations réelles ou perçues, voire à des souvenirs, qui provoquent des réactions chez nous. Vous pouvez sentir votre cœur qui s’accélère, une chaleur intense ou la chair de poule, sentir quelque chose qui pèse à l’intérieur de vous ou au contraire sentir de la légèreté, sentir que vous vous crispez ou que vous vous détendez. Ces sensations sont captées par notre cerveau reptilien, la partie du cerveau qui réagit le plus rapidement. Donc, vous percevez très rapidement les réactions physiologiques que vous avez en vous. Et parfois elles sont agréables, parfois elles sont désagréables.

Chaque personne réagit différemment à une même situation en fonction de son vécu, de ses croyances, de son éducation, et de son état émotionnel du moment. Les émotions sont des réponses spontanées à des stimulations internes ou externes que nous ne pouvons pas toujours anticiper. Tout démarre par un élément déclencheur, une sensation, une information que notre cerveau va décrypter à sa façon.  Cette information va circuler à l’intérieur de nous, à travers un réseau fascinant qu’on appelle le système nerveux. C’est pour cela que nous pouvons considérer les émotions comme des messagers, qui viennent toquer à notre porte pour nous délivrer un message crucial qui va être relayé par nos nerfs ainsi que par nos glandes endocrines qui vont sécréter des hormones, par nos organes et par nos muscles qui vont réagir. Ainsi, le cocktail d’hormones qui va se créer en nous, les réactions physiologiques qu’on va avoir, vont mettre notre corps et notre esprit en mouvement.

Les quatre émotions principales

La tristesse

La tristesse est une émotion qui crée un mouvement de repli vers soi. Elle pèse et nous attire vers le bas, nous demandant de lâcher prise. Elle peut entraîner de la fatigue, nous invitant à ralentir et prendre du temps pour nous-mêmes. Bien que désagréable à ressentir, la tristesse, lorsqu’elle est accueillie et acceptée, peut mener à une sensation de légèreté et de soulagement.

Certaines personnes tentent de camoufler leur tristesse en se distrayant, empilant des plaisirs pour masquer leur véritable sentiment. Cependant, la tristesse finit toujours par remonter à la surface, réclamant l’attention qu’elle mérite. D’autres peuvent s’enliser dans la mélancolie en cherchant constamment des déclencheurs de tristesse, que ce soit dans des souvenirs, des films, ou des musiques, risquant de sombrer dans une dépression.

Pour accueillir la tristesse, il est important de reconnaître sa présence. Traitez-la comme une amie qui vient vous rendre visite. Prenez le temps de respirer profondément, de vous détendre, et de permettre à vos larmes de couler. Les larmes ont un effet purifiant, elles permettent de libérer les émotions enfouies. Quand vous êtes prêtes, dites-vous : « J’accepte, je laisse partir. »

En médecine chinoise, les poumons sont liés à la tristesse. Prendre le temps de respirer profondément, de s’aérer, et de marcher dans la nature peut grandement aider à apaiser cette émotion. La nature nous soutient, nous apporte de l’énergie, et renforce notre sentiment de stabilité et de sécurité. Vous pouvez visualiser votre tristesse s’en aller dans la terre, libérant ainsi votre esprit et votre corps.

La peur

La peur est une émotion qui provoque une immobilité ou un mouvement de recul. C’est une émotion qui nous empêche d’avancer. Bien qu’elle soit désagréable, elle joue un rôle crucial en nous protégeant des dangers. Autrefois, elle nous alertait des prédateurs, nous préparant à fuir ou à combattre. En effet, quand on ressent de la peur, notre corps sécrète de l’adrénaline qui stimule notre cœur, notre respiration, et le flux sanguin vers les muscles pour passer en mode guerrier et pouvoir se battre ou fuir le plus rapidement possible. Aujourd’hui, dans notre monde moderne, il y a moins de dangers imminents. Toutefois, c’est important d’écouter le message que nous délivre la peur puis de discerner c’est si cette peur est rationnelle ou irrationnelle. Est-ce que le danger est concret ? Est-ce qu’il est immédiat, ou est-ce que c’est un danger qu’on anticipe ? Ou est-ce qu’il est le fruit de notre imagination ? Notre cerveau ne fait pas la différence entre ce qui est réel et ce qui est irréel. Son rôle est de nous protéger, donc quand on lui envoie l’information d’un danger, même si il n’y en a pas, notre cerveau va faire circuler l’information en nous, ce qui va amener des réactions physiologiques désagréables comme le souffle coupé, le mal de ventre et parfois on va avoir des réactions plus extrêmes que ce que la situation demande.

Pour apaiser la peur, il est important de revenir dans son corps et de se concentrer sur sa respiration. Respirez profondément, en allongeant progressivement l’expiration, et répétez-vous : « Tout va bien. » Cette technique aide à calmer le système nerveux et à retrouver de la sérénité. Si la peur persiste, il peut être utile de réfléchir à ses origines et de comprendre ce qui la nourrit.

En médecine chinoise, la peur est liée aux reins et à la vessie. Vivre constamment dans la peur peut épuiser les reins et affaiblir l’organisme. Il est donc crucial de ne pas laisser la peur dominer notre quotidien.

La colère

La colère est une émotion à part entière, qui peut aussi être induite par une accumulation de tristesse et de peur. Elle crée un mouvement de fermeture et de rejet, nous incitant à repousser ce qui ne nous convient pas et à poser des limites.

Notre corps produit de l’adrénaline, du cortisol, et de la testostérone, nous donnant l’énergie nécessaire pour exprimer notre colère. Cependant, cette énergie peut devenir agressive, menant à des mots ou des gestes violents envers les autres ou envers nous-mêmes. Pour gérer cette intensité, des techniques comme le shaking (secouer son corps) et certaines respirations, comme inspirer profondément par le nez et expirer par la bouche en faisant le son « aaah », peuvent être très efficaces.

Après avoir libéré l’énergie de la colère, il est important de se détendre et de réfléchir calmement à ses limites et besoins. Cette introspection permet de mieux comprendre ce que nous voulons et de communiquer plus clairement et paisiblement avec les autres.

En médecine chinoise, la colère est liée au foie. Accumuler trop de colère peut épuiser cet organe vital, d’où l’importance de la libérer régulièrement.

La joie

La joie est une émotion qui crée un mouvement d’ouverture, nous poussant à aller vers les autres et à nous expandre. C’est une émotion agréable qui nous rend plus créatifs et nous fait avancer.

Les hormones associées à la joie sont la dopamine (hormone du plaisir), la sérotonine (bonne humeur), l'adrénaline (motivation), et l'ocytocine (renforcement des liens sociaux).

Le message de la joie est clair : « Tu es sur le bon chemin ». Elle nous indique que nous avançons dans une direction qui nous fait du bien, nous nourrit et nous motive.

En médecine chinoise, la joie est liée au cœur. Ressentir de la joie fait du bien au cœur, et il est bénéfique de se connecter à cette émotion chaque jour.

Pour cultiver la joie, vous pouvez prendre un moment pour penser à un souvenir heureux. Fermez les yeux, placez les mains sur votre cœur et laissez l’énergie de la joie s’installer en vous. C’est quelque chose que vous pouvez faire chaque jour, pour vous connecter à votre cœur et à la joie à l’intérieur de vous.

Comment cultiver un bon équilibre émotionnel ?

Je vous invite à visualiser toutes ces émotions comme un grand jardin. Et toutes nos émotions sont là sous forme de graines. On a chacun une terre plus ou moins fertile pour nourrir naturellement certaines émotions. Il y a des personnes qui vont plus facilement nourrir la joie alors que d’autres vont plutôt nourrir la peur. Mais on a tous le pouvoir d’arroser nos graines pour faire pousser nos fleurs préférées et leur permettre de s’épanouir.

Selon des études, pour avoir une vie harmonieuse, il faut environ trois émotions positives pour une émotion négative. Toutes les émotions ont leur place dans notre jardin émotionnel, mais pour que ce soit harmonieux, on a besoin de trois fois plus de fleurs qui représentent les émotions agréables que de fleurs qui représentent les émotions désagréables.

A vous d’arroser, chaque jour, votre jardin en conscience.

Quand j’anime des ateliers et que je demande les choses du quotidien qui apporte de la joie, on me répond souvent : la famille, les amis, la nature, le sport, les activités artistiques. Ce sont autant d’exemples qui permettent d’arroser les graines de joie ou les graines d’émotions agréables.

Et vous, quelles émotions souhaitez-vous cultiver davantage ? Quelles sont les petites choses simples qui vous ont amené de la joie aujourd’hui ? Vous pouvez les noter sur un cahier ou y penser chaque soir avant de vous endormir.

En apprenant à décrypter et à accueillir nos émotions, nous pouvons éviter d’être submergés et trouver un équilibre émotionnel. Chaque émotion est légitime, et chaque émotion a un message précieux à nous délivrer. En les accueillant consciemment, nous pouvons transformer notre jardin émotionnel en un espace harmonieux et épanouissant.

 
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